Bien que d’ambition modeste, ce livre a été considéré à sa parution* comme une véritable initiation à l’art moderne.
Constitué de textes courts et précis, sans jargon savant, il raconte brièvement l’arrivée du peintre Eliane Larus à Paris mais il met surtout en évidence, à travers les analyses picturales d’une trentaine d’œuvres : dessins, peintures et sculptures, la permanence du souci plastique chez une artiste dont l’itinéraire singulier est trop souvent assimilé à l’art brut.
Une mise au point est faite sur les correspondances entre certaines de ses œuvres et celles de Jean Dubuffet et de Gaston Chaissac.
Voici ce qu’écrivait Eliane Larus en 1996, à l’occasion d’une exposition sur le thème du portrait à la Fondation Coprim :
“ Ce qui me passionne le plus dans l'aventure picturale du 20ème siècle, c'est qu'elle a eu l'audace de détruire la figure humaine pour la réinventer et lui insuffler une autre vie qui est d'abord celle de la peinture. Les visages décousus de Picasso et de Bacon, les figures-signes de Miro et de Paul Klee, les portraits élémentaires de Dubuffet, les têtes griffées de Basquiat, ont laissé des cicatrices sur le visage qui est devenu l'un des témoins privilégiés de la difficulté d'être. Je cherche à travers la figure humaine une émotion première, fondamentale. ”

*Editions Fus-Art en 1994