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Le
peintre 1980 -Etude pour un timbre-poste |
Ce
dessin, qui montre un peintre devant son chevalet, présente un
cloisonnement inhabituel chez Eliane Larus. Combiné au personnage
vu de profil, à la coiffure sophistiquée, il peut suggérer
une vague idée de fresque venue du Mexique ancien. Dès son
adolescence, Larus a en effet subit une sorte de fascination pour les
civilisations de cette région du monde.
En fait, il sagit dune étude pour un timbre-poste destiné à une exposition intitulée La fête aux timbres qui a eu lieu à Paris en décembre 1980, à Lil de Buf. Eliane Larus a rencontré Ceres Franco, responsable de cette galerie, quelques mois auparavant. Celle-ci lui permettra de réaliser sa première exposition personnelle trois ans plus tard, en 1983. Larus connaîtra dans lespace un peu exigu de Lil de Buf, dont la façade en travaux est à lépoque encombrée de tubulures, un vernissage chaleureux. Elle y exposera peu après avec le peintre marocain Chaïbia et Michel Macréau. Macréau est alors aussi peu connu que Larus; pour des sommes modiques il est possible dacquérir ses uvres dans ce lieu haut en couleurs, propice aux découvertes, où voisinent dautres fortes individualités ouvrières dune figuration poétique et inventive : Corneille, Lucebert, Guimaraes... Cest lémergence de la Figuration Libre, pour laquelle on sait que Robert Combas a joué en France un rôle décisif, qui sortira ces peintres du ghetto dans lequel une perception trop fabuliste, trop imagière de leur expression les avait confinés. La ligne aiguë et fraîche du trait de Larus est particulièrement bien visible dans ce dessin. |