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Bonhomme
girouette
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Bonhomme
girouette 1984 - Etude pour un timbre-poste |
Ce
personnage découpé aux dimensions humaines, vêtu dune
chemise à carreaux et deffets rapiécés pouvant
évoquer une idée dhomme des champs, semble être
le proche cousin du Bonhomme de paille et de Lhomme de fer du Magicien
dOz.
Il représente lui aussi un épouvantail et les pales de la girouette sont censées effaroucher les oiseaux lorsquelles tournent. Il sagit chez Larus de la première association bois-métal. Les socles en contre-plaqué, dont on voit ici un exemple un peu lourd, furent remplacés plus tard par des plates-formes en tôle. Les bois dressés sur socle dEliane Larus sont nés de ses bois découpés muraux (eux-mêmes issus de dessins au pourtour irrégulier). Ses premières pièces murales étaient constituées de personnages mis en situation dans un paysage. Elles furent suivies assez rapidement par dautres pièces également destinées à laccrochage mais ne comportant pas de fond. Larus cherchait ainsi à donner un surcroît dautonomie à ses personnages. Lobservation de lun dentre eux posé contre une chaise avant accrochage lui donna lidée de les rendre encore plus indépendants en les éloignant des murs. Il sagissait alors surtout de portraits en buste (Mère à lenfant malade, Nègre au chien, etc.) dont le verso nétait pas peint. Les tout premiers de ces bustes comportaient encore un système daccrochage mais pouvaient être posés grâce à un petit socle à tige. Les personnages en pied découlèrent naturellement de cette dernière évolution. Les différences effectives entre les totems de Gaston Chaissac et les bois découpés dEliane Larus, très tôt perçues par Dubuffet, sont assez clairement discernables ici. Pour la réalisation de ses pièces en trois dimensions, Chaissac travaillait presque toujours sur des formes préexistantes : planches de rebut, vieux balais, ustensiles abîmés, etc. Larus dessine dabord sur un bois neuf quelle découpe ensuite. Les formes dues au hasard napparaîtront chez elle que tardivement : il sagit de la série des linoléums usés montrée en Octobre 1990 à la galerie Bercovy-Fugier à Paris. Sur ses totems, Chaissac cerne les formes dun trait noir appuyé. Ce procédé est très rarement observé sur les bois découpés de Larus. Surtout, Chaissac étale ses couleurs par aplats, excluant le plus souvent nuances et juxtapositions. A lopposé, chez Larus les couleurs sont travaillées, étayées par un relief, nourries de vibrations et deffets de transparence qui léloignent autant de Chaissac que de lart brut. Chaissac a le génie de la simplicité ; les personnages que nous lui devons ont souvent un petit visage, alors que ceux dEliane Larus sont fréquemment pourvus dune tête importante, comme si leur corps était arrêté aux proportions de lenfance. Chaissac définit maintes fois les sourcils et le nez dun seul trait ; Larus distingue ces trois éléments, insiste sur les détails : bouche, carnation, chevelure, etc. Il y a probablement autant de différences que de similitudes entre les bois peints du Peintre aux épluchures et ceux dEliane Larus. On ne peut nier quil sagit de la même famille, ou en tout cas dun état desprit commun. Chaissac nest dailleurs pas plus naïf que Larus : les lettres quil écrit ont des élégances décrivain, il théorise, expérimente, sintéresse aux dessins denfants, senthousiasme pour les peintres de son temps. La réaction positive de Jean Dubuffet lorsquil prit connaissance des travaux dEliane Larus permet dimaginer que le Solitaire de Vix aurait peut-être aimé lui aussi cette peinture-là, si proche et malgré tout si différente. La ressemblance entre les sculptures de Chaissac et celles de Larus napparaît quà un niveau superficiel. On pourrait trouver plus de correspondances entre Cobra et Larus (plus particulièrement avec Karel Appel pour certains dessins). Il sagit en fait dune question dacuité du regard. |