Tête mexicaine
Précédent |

Tête mexicaine 1987 - Huile sur panneau, 55 x 46 cm
Collection privée, Paris

Un regard sommaire sur le visage du personnage et au-delà des curieuses scarifications qu’il présente, révèle le curieux contraste qui émane de ce portrait imaginaire.
La mâchoire est forte, l’ossature générale dégage une impression de puissance. La bouche semble cependant appartenir à un être désemparé et le regard paraît fatigué, presque éteint. En fait, si nous faisons abstraction de la chevelure - en la cachant par exemple avec la main - les yeux, la bouche, et le nez se creusent, les scarifications deviennent structure osseuse : nous voyons apparaître une tête de mort. Mexicaine, cette tête l’est surtout parce qu’elle évoque la mort. D’une qualité plastique évidente, elle se rapproche - par similitude d'esprit - des crânes peints par Picasso lors de la deuxième guerre mondiale. Brossée avec une belle sûreté de main, elle reste un des plus saisissants portraits peints par Eliane Larus. Les deux lignes verticales encadrant le visage accentuent l’atmosphère dramatique de ce portrait.
Bien que son travail sur le thème du crâne humain n’ait jusqu’à présent pas fait l’objet d’une véritable étude, Picasso reste l’explorateur majeur de ce motif au 20ème siècle.
On chercherait vainement une ressemblance entre les crânes que nous lui devons, aux orbites nettement plus marquées, aux distorsions violentes dérivées du cubisme, et ce portrait d’E. Larus qui nous suggère ici Thanatos sous une forme incarnée.