Le solitaire
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Le solitaire 1990 - Encre de chine sur papier, 28x21 cm
Collection privée, Paris

Un dessin compliqué cache facilement sa pauvreté sous ses complications. Gaston Chaissac exprimait bien cette idée lorsque, après avoir réfléchi à ses propres difficultés, il disait : “Un dessin n’est pas une vis sans fin, sinon il y a vice”.
Plus un dessin est nu, économe en effets - un peintre navigateur dirait : plus il se tient au vent de Matisse - et plus il doit être “trouvé” s’il veut déclencher en nous un réel saisissement. Certaines pièces échappent évidemment à ce postulat : celles qui, malgré leur apparente complexité, cherchent moins à séduire qu’à traduire l’effervescence, le frémissement de la vie.
Beaucoup de dessins d'Eliane Larus réalisés à l’encre de Chine, comme La charbonnière, Les mangeurs de sucre d’orge, Le solitaire, La poursuite, pour ne citer que ceux-là, doivent leur réussite à une réalisation rapide, aléatoire, risquée, nombre d’entre eux n’admettant pas de retouche. Pour qui sait lire, le dessin est le lieu privilégié de la confidence. Il révèle - parfois impitoyablement - les limites d’un imaginaire, la conscience de la forme chez l’artiste, la nature intime de son questionnement sur l’art.