Le transparent
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Le transparent 1990 - Acrylique sur panneau, 55x46 cm
Collection particulière, Paris

Comme tous les visages vivants ou peints, celui du Transparent est dissymétrique. Mais, malgré les apparences, il est construit avec précision. La plus menue modification en changerait l’expression. La légère sinuosité de la ligne qui définit le côté droit de la tête, le renflement du côté gauche à hauteur de la bouche s’organisent avec une sensibilité rigoureuse pour animer un visage particulièrement peu réaliste. Le nez du personnage est idéalement situé au centre plastique du visage. Emplacements, proportions, et formes des signes qui définissent l’expression (yeux, nez, bouche) dénotent, au-delà de la trompeuse simplicité de leur dessin, une invention décisive et déterminée.
Si la tête de ce personnage paraît soumise à une certaine rigueur, le buste, par le côté fondu de sa touche, montre que la liberté du geste a dominé son élaboration. Ces deux parties accusent des oppositions intéressantes (d’axes, de facture, etc.) et portent la marque évidente du plaisir de peindre. La légère dramatisation du fond s’oppose à la candeur exprimée par le personnage, qui semble par ailleurs être sous l’effet de la surprise : peut-être vient-il tout juste d’apercevoir l’observateur du tableau et ressent-il son opacité comme inquiétante ?
Il s’agit ici de cette sorte d’œuvre rare, sans repentir et d’exécution rapide, assez typique des artistes exilés de l’enfance, dont Eliane Larus, pourvoyeuse d’émotions fragiles, a le secret.