L’éclipse
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L’éclipse 1991 - Encre de Chine et fard à paupières sur amate, 40 x 30 cm
Collection privée, Paris

Ce dessin a été réalisé à l'encre de Chine et au pastel à Oaxaca, dans le Mexique du sud, quelques jours avant l’éclipse de Juillet 1991.
Les trois protubérances visibles sur la tête du personnage central évoquent les flammes qui couronnent la tête du Cristo Rey, figure majeure de l’âme populaire mexicaine avec la vierge de Guadalupe.
E. Larus n’a pas représenté ici le Christ abîmé dans les douleurs de la crucifixion mais d’une manière inhabituelle au Mexique, sous son aspect rédempteur. Car bien que le visage évoque l’idée de la mort, l’expression est pacifiée. Il n’est pas crucifié mais se tient debout dans une attitude rassurante : on sait que les éclipses ont été longtemps la source d’angoisses collectives dans le Mexique préhispanique. L’un de ses pieds s’appuie sur une tranche de pastèque, objet emblématique de l’imagerie mexicaine et clin d’œil à la peinture de Rufino Tamayo.
Seule l'étude détaillée de ce dessin, confirmée par le choix et la répartition des couleurs : beige rosé, gris bleuté (il s’agit en fait de fard à paupières), permet de se convaincre qu'il n’a pas été réalisé par un artiste appartenant à la famille des Singuliers de l’art. Cela souligne la grande liberté qui a présidé à son exécution.