Intérieur au chien dans le miroir
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Intérieur au chien dans le miroir 1992
Acrylique et Ripolin sur toile, 180 x 170 cm

De quel événement insolite sommes-nous les témoins devant cette peinture ? En haut, un personnage se tient debout sur le sol (alors qu’il semblait flotter dans l’espace, en état d’apesanteur, dans le dessin préparatoire). On distingue confusément une ouverture derrière lui.
Ce lieu pourrait être une pièce d’un immeuble abandonné, ou un grenier : on y devine des objets pauvres, indéfinissables. Seul, un chien se dessine nettement.
Les éléments picturaux essentiels sont, par ordre d’importance : le personnage (clé de voûte du tableau), le chien (valeur la plus marquée), et enfin la zone carrée au graphisme brouillé dont l’aspect flou fait contrepoint aux lignes nettement accusées de l’ensemble. A droite de cette zone, un rectangle blanc et bleu apporte un effet de contraste réussi.
L’atmosphère laisse percer une impression d’étrangeté et de solitude. Mais, n’est-ce pas le spectateur qui flotte au dessus de cette scène ? Ne dirait-on pas en effet que le plancher bascule, que tout perd l’équilibre et chute, y compris le reflet inversé du chien ? (belle invention que ce reflet !).
Exprimant à sa manière l’idée du mal peint, du non fini, de la peinture en train de se faire, cette dernière œuvre pourrait annoncer une nouvelle période aux couleurs salies, un peu éteintes, dans laquelle la ligne, le dessin, et une perspective baroque seraient prédominants.
Dans ce climat quasi surréaliste, on peut penser au Cornet à dé de Max Jacob, ou aux poèmes frais et magiques de Supervielle...