Les Grandes Rencontres
Le génie, c'est Dieu qui nous le donne, mais le talent nous regarde.
Gustave Flaubert
Parmi les chercheurs qui ont joué un rôle important dans les premières étapes de la lutte contre la leucémie se trouve l'américain Sidney Farber.
C'est un de ces hommes comme les apprécie Jean Bernard : brillants, éclectiques, autant artistes que savants. Ce bostonien est musicien (excellent violoniste), féru de la philosophie de Husserl et capable d'enseigner les mathématiques...
Autre personnalité marquante : le Mexicain Ignazio González Guzman, l'un des plus grands spécialistes des cellules du sang. Il montra un jour à Jean Bernard son arbre généalogique. Celui-ci commençait par le mariage d'un évêque défroqué, compagnon de Cortés, et d'une princesse indienne. L'évêque excepté, tous ses ascendants depuis quatre siècles étaient Indiens. C'était aussi un familier de la littérature française : Jean Bernard se souvient de l'avoir entendu réciter de mémoire trois pages de Proust lors d'une soirée. Ce qui ne l'empêchait pas d'être aussi un champion de pelote basque !
Jean Bernard a souvent remarqué que chez les grands savants la coexistence de différents centres d'intérêt au lieu de se perturber mutuellement semble au contraire favoriser une agilité d'esprit et un pouvoir de concentration propices à l'émergence de nouvelles idées.
Jacques Monod était de ceux-là. Dans les dernières années de sa trop courte vie, lorsque Jean Bernard lui rendait visite, il était accueilli sur le palier par les accents d'une pièce de Beethoven ou de Schubert jouée au violoncelle. Ils parlaient aussi bien de médecine que de littérature ou de philosophie. Avec malice, Jacques Monod lui confia un jour : “Dans ma relation avec la médecine, j'ai connu deux périodes. Au cours de la première période, je méprisais tous les médecins sans exception. Au cours de la seconde, je méprisais tous les médecins, à l'exception de Jean Bernard et Jean Hamburger !” Jean Bernard relit souvent l'éloge de la connaissance écrit par cette personnalité si forte et si authentique : “L'éthique de la connaissance est irrémédiablement différente des systèmes religieux ou utilitaristes qui voient dans la connaissance non pas le but lui-même, mais seulement le moyen d'atteindre le but. Le but, ce n'est pas, avouons-le, le bonheur de l'humanité, sa puissance temporelle ou son confort, c'est la connaissance objective elle-même.”
Quant à François Jacob, après avoir fait preuve d'héroïsme en Libye et en Normandie pendant la dernière guerre mondiale, il fut à la fois grand biologiste et, lui aussi, écrivain remarquable. Ses ouvrages, de la “Logique du vivant” à “La Statue intérieure”, allient l'art de l'expression à la connaissance.
Mais Jean Bernard n'a pas fréquenté que des médecins ou des savants. L'un de ses amis les plus proches fut le philosophe Jean Guitton. Ils se sont souvent promené dans le Jardin du Luxembourg. Souvent ils ont parlé de la mort.
Jean Guitton était un philosophe chrétien, il résumait ainsi sa pensée et son espérance :
“S'il est vrai que l'homme se compose de trois parties dont l'une est l'esprit, l'autre l'âme et la troisième le corps, on aperçoit que les rapports de ces trois parties peuvent se modifier. L'apôtre Paul donne cette définition de la mort : « La mort, c'est la disparition de l'âme », c'est à dire la disparition de la psyché. En apparence, c'est aussi la disparition des deux autres vies, celle de l'esprit et celle du corps. Et pourtant, ce qui devrait se passer (ce qui se passera sans doute), c'est que la partie la plus haute de nous-mêmes, à savoir l'esprit, assumera en elle la partie la plus basse, à savoir le corps. Cette réédification de nous-mêmes sans la psyché, autour de l'esprit qui sublime le corps est ce que Saint Paul appelle la Résurrection. Ainsi, ressusciter, c'est accomplir pleinement sa destinée, c'est voir en soi réconciliés en une union éternelle la partie la plus basse et la partie la plus haute de nous-mêmes, le biologique et le mystique par-delà le psychique.”
Jean Guitton avait poussé tellement loin sa méditation sur la mort, qu'il apparaissait comme l'un des meilleurs “spécialistes de l'au-delà”, comme l'un de ceux qui ont soulevé un coin du voile. A tel point que François Mitterrand, alors président, débarqua un beau matin chez lui avec toute son escorte pour lui demander : “Guitton, parlez-moi donc de la mort ”... Moment fascinant où le Prince, inquiet, va consulter le Sage. Dans ses derniers temps, Jean Guitton refusait toute visite et ne sortait plus : il se concentrait sur son prochain départ. Parti pour la dernière aventure, il connaît aujourd'hui la réponse.
Jean Bernard, lui, reste dans l'incertitude mais il n'est pas inquiet. En tant que scientifique il connaît la nécessité de la mort, sa justification. Aussi paradoxal que cela puisse paraître la mort représente un progrès dans l'histoire de la vie. En effet la reproduction sexuée, la différence individuelle et la mort, apparues en même temps, ont assuré le développement et la complexification des formes vivantes.
Sans l'”invention” de la mort l'homme n'aurait jamais pu apparaître. Et à l'échelle même de l'humanité, comment imaginer un progrès si les générations ne se remplaçaient pas ?.. Dans son roman “Le Grand secret” René Barjavel nous a fait entrevoir toute l'horreur que représenterait une immortalité matérielle.
Mais la mort n'est pas seulement un sujet d'étude et de réflexion, elle est une expérience inévitable qui nous concerne tous.
Jean Bernard, qui a connu de grands dangers, fait partie de ces hommes qui n'ont pas peur de leur propre mort. Prisonnier des Allemands à Fresnes il pouvait être fusillé à chaque instant. Mais même dans ces moments-là la curiosité l'emportait chez lui sur la crainte.
Il aborde la question d'un au-delà possible sans idée préconçue, avec curiosité même : ce qui arrivera est de toute façon imprévisible... Nous sommes comme l'enfant qui, dans le ventre de sa mère, ne peut imaginer le monde dans lequel il va être projeté.
Tout en admettant que probablement il se passe quelque chose après la mort, Jean Bernard ne prétend pas pouvoir en percer le mystère. Les réponses qu'on lui donne ne le satisfont pas de toute façon. S'il croit en Dieu, il reste par ailleurs indifférent aux rites religieux. De même il considère que pour rendre hommage aux morts il n'est pas important de se rendre sur le lieu matériel de leur inhumation. C'est en esprit que l'on porte le deuil des êtres qui nous sont chers.
La fausse question de la mort débouche donc sur une autre, autour de laquelle scientifiques et philosophes tournent depuis longtemps : qu'est-ce que l'esprit ?.. Il ne nous est pas possible aujourd'hui de le définir précisément et même de bien comprendre le fonctionnement du cerveau humain.
Jean Bernard est persuadé que chacun a au fond de soi un “territoire de spiritualité” qui tantôt vient au premier plan, tantôt passe au second. Peut-être pourrions-nous aussi l'appeler “jardin secret”, mais en sachant que nous n'explorons qu'une petite partie de ce jardin et que bien loin d'être un enclos privé il ouvre sur l'infini...
Parfois cet infini se laisse pressentir.
Jean Bernard se souvient d'une curieuse expérience, vécue un dimanche après-midi. Les enfants sont partis en vacances. Jean et son épouse sont seuls à la maison. Dans son bureau Jean essaie vainement de rédiger le texte d'une conférence qu'il doit bientôt prononcer à New-York. Rien à faire, le coeur n'y est pas. Il tourne en rond, remâchant de vagues hypothèses, concevant des expériences possibles... En fin d'après-midi, admettant qu'il est vain de s'obstiner, il propose à sa femme de sortir, d'aller au cinéma.
Là, dans la salle obscure, bien installé dans son fauteuil, il se rend compte qu'un mouvement se produit en lui. Coupé de la salle, du film, des spectateurs qui l'entourent, il ferme les yeux et “sent” son esprit travailler, indépendamment de tout effort, de toute crispation de la volonté. Les idées qu'il s'était vainement efforcé de rassembler toute la journée s'ordonnent maintenant avec clarté, avec évidence. Ne vient-il pas de vivre le phénomène mystérieux de l'inspiration ?
Comment expliquer ce curieux phénomène ?
Malgré les grands progrès réalisés par la recherche nous ignorons encore comment fonctionne exactement le cerveau. La création d'une oeuvre ou même d'une simple pensée reste une énigme.
Cette énigme, selon Jean Bernard, présente trois aspects.
D'abord, elle révèle un fossé infranchissable entre l'homme et l'animal. Jean Bernard ne croit pas que le passage de l'animal à l'homme soit graduel. “Le plus malin des singes n'est rien à côté d'un enfant de dix ans” dit-il parfois.
Ensuite, il pense qu'il faut s'interroger sur ce qui fait la différence entre grands créateurs et créateurs mineurs.
Enfin, il constate que même chez un grand créateur il y a des moments plus ou moins favorables à l'inspiration. Jean Bernard a bien connu Saint John Perse qui lui confiait : “II y a des périodes où rien ne vient.” Jean Bernard a repéré une relation objective de l'âge avec la création : les mathématiciens créent surtout autour de leur vingtième année (Evariste Gallois, l'un des plus grands d'entre eux, a fait toutes ses découvertes entre dix-huit et vingt ans). En sciences on est productif entre trente et quarante ans. Par contre des peintres comme Monet, des écrivains comme Cervantes ont réalisé des travaux magnifiques à plus de quatre-vingts ans...
Pourquoi en est-il ainsi et pas autrement ?
Parmi les créateurs qui ont fait preuve de génie il en est un qui fascine particulièrement Jean Bernard : c'est Marcel Proust.
Dans les années trente à l'Hôpital Laënnec, Robert Proust, frère cadet de l'écrivain, enseignait la chirurgie dans un service voisin de celui où Jean était interne. Lors des repas pris en commun les jeunes médecins écoutaient avec passion les anecdotes racontées par le frère du célèbre écrivain. L'une d'elles impressionna beaucoup Jean Bernard. Elle illustre le pouvoir que l'esprit peut exercer sur le corps chez des êtres à la complexion très délicate.
Marcel Proust souffrait de crises d'asthme provoquées par le pollen et plus particulièrement celui des roses. On demanda à son frère Robert de lui trouver un appartement aussi éloigné que possible de tout jardin, parc ou massif de fleurs. Robert découvrit l'endroit idéal dans une petite rue de Passy. Mais la première nuit qu'y passa Marcel Proust fut terrible : une crise d'asthme épouvantable faillit l'emporter. Pourtant, il n'y avait aucune fleur dans les environs, aucun bouquet à proximité... On s'aperçut le lendemain matin que sur le papier peint de la chambre était dessiné de roses !
Quand on a l'intelligence et la sensibilité de Proust, conclut Jean Bernard, la représentation mentale peut suffire à provoquer les symptômes d'une maladie... Que l'on pense aussi à Gustave Flaubert passant par les mêmes affres qu'Emma Bovary dont il décrivait l'empoisonnement à l'arsenic...
Jean Guitton disait que Dieu seul connaît le secret du fonctionnement de la pensée humaine. Et même l'athée matérialiste Jacques Monod devait reconnaître son impuissance : “Il est contraire à la logique d'être à la fois sujet et objet. Le cerveau humain ne peut pas connaître le cerveau humain ”.
Voilà un beau et grand défi à relever pour la science et la médecine du XXIème siècle. Avant de quitter le sujet de la mort et de son mystère, évoquons en quelques mots une expérience récente et douloureuse, vécue par Jean Bernard, au cours de laquelle il a été sauvé par le protocole, en quelque sorte...
En mai 1994 Madame Oury-Gatelmand, alors recteur de l'Académie d'Orléans, passe prendre Jean Bernard en voiture pour le conduire dans cette ville où il doit donner une conférence. Alors qu'à l'arrière de la voiture il s'apprête à monter à la droite de Madame le recteur, celle-ci lui indique en souriant que le protocole particulier à cette Université veut que l'invité monte du côté gauche. Aimablement Jean s'exécute. Sur la route une tempête de grêle éclate. La voiture dérape et s'encastre sous un camion. Madame Oury-Gatelmand est tuée sur le coup. Le chauffeur est légèrement blessé. Quant à Jean Bernard il a la cage thoracique enfoncée. Transporté inconscient à l'hôpital d'Orléans il sort du coma trois heures plus tard. Il est ensuite transféré à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre où son fils Olivier veille sur lui durant ses quarante jours d'hospitalisation. Rester longuement à l'horizontale est un événement nouveau pour le médecin : le voici cette fois du côté des malades et non plus des soignants, il y trouve la confirmation de ce qu'il pensait : la qualité du service dépend du patron, mais aussi du nombre, de la formation et de la personnalité des infirmières. Leur rôle, essentiel, est trop méconnu et leurs revendications concernant le manque de personnel ne sont pas assez écoutées.
Jean Bernard découvre également à cette occasion ce qu'est la douleur physique. Les côtes cassées le font souffrir à chaque mouvement, à chaque respiration. On lui fait des perfusions de morphine. Il doit patienter, supporter...
Six mois plus tard il est totalement rétabli. A quatre-vingt-sept ans son corps a fait preuve d'une étonnante capacité de récupération. Tandis que la mort l'épargnait, elle emportait l'un de ses frères plus jeune, terrassé par une crise cardiaque. Une de ses proche voisine succombait aussi, comme tant d'autres êtres parmi lesquels des enfants ayant à peine vécu.
Jean médite sur cette incompréhensible inégalité. Pourquoi celui-ci part-il plus tôt que celui-là ? Mystérieux protocole de la destinée...
Quittons à présent les frontières de l'autre monde et revenons dans celui-ci.
Parmi les personnalités que Jean Bernard a connues il faut citer cet homme d'action extraordinaire que fut le général de Gaulle.
En 1958, Jean Bernard est l'un des douze Sages chargés par de Gaulle d'organiser et d'inspirer la recherche scientifique en France. Leur mission consiste surtout à faire renaître l'esprit de recherche.
Développer la recherche suppose des moyens à mettre en œuvre, des salaires à verser, des appareils à acquérir ou à renouveler. Dans les Facultés des Sciences ou de Médecine Jean Bernard propose de créer des chaires spécialisées dans la formation des futurs directeurs de recherche. Il est soutenu par Charles de Gaulle mais aussi par un homme politique qui a bien compris l'importance de la recherche scientifique : Pierre Mendès-France. Malheureusement ce dernier restera au pouvoir trop peu de temps pour mettre ses idées en application.
Le général de Gaulle est à l'époque président du Conseil de la Quatrième République, il reçoit plusieurs fois Jean Bernard et ses onze confrères à l'Hôtel Matignon. Faisant preuve d'un grand respect pour les scientifiques, il leur laisse le choix des méthodes susceptibles d'améliorer la recherche. Il souhaite cependant obtenir des réponses rapidement. Quant à l'orientation à donner à la recherche, le général fait preuve d'un bon discernement. C'est ainsi qu'il accorde la première place à la biologie moléculaire.
Bientôt, suite aux propositions des scientifiques, les crédits de la recherche médicale augmentent considérablement. Tout heureux, Jean Bernard va annoncer la bonne nouvelle au responsable d'un laboratoire habitué à des budgets misérables. Celui-ci n'en revient pas : “Que vais-je faire de tout cet argent ?”
Ces crédits permettent notamment des constructions nouvelles à l'Institut Pasteur, à l'Institut Curie, à l'hôpital Saint-Louis, à Bicêtre, à Villejuif...
Devenu Président de la République, le général de Gaulle continue à recevoir une ou deux fois par an les Sages à l'Elysée. Il demande à chacun de commenter les progrès survenus dans son domaine. A chaque fois Jean Bernard a la désagréable impression de repasser son Baccalauréat !
Malgré cette expérience plutôt positive de collaboration avec le pouvoir, Jean Bernard pense que la politique et la médecine sont incompatibles. A la différence de certains collègues il n'a jamais envisagé de se présenter aux élections sur la liste d'un parti.
Il participe pourtant à sa façon à la vie publique en tant que membre des différentes Académies qui l'ont élu.
Je voudrais conclure ce chapitre consacré aux grandes rencontres par quelqu'un qui fut très cher au professeur Jean Bernard, et que j'ai moi-même connu : le regretté professeur Robert de Vernejoul.
Jean Bernard se souvient de trois rencontres marquantes avec cet homme délicieux.
La première, très brève, eut lieu en septembre 1942. Responsable d'un réseau de Résistance, Jean Bernard arpentait les rues de Marseille avec un compagnon, quand soudain, près du Vieux Port, ils croisent un homme de petite taille, au visage très pur, très fin. “C'est le professeur de Vernejoul”, chuchote l'homme qui accompagne Jean Bernard. Il apprendra bien plus tard le rôle joué par Robert de Vernejoul à la tête de la Résistance médicale marseillaise ; son refus de la défaite en 1940 ; son engagement immédiat ; sa constante activité, son dévouement total au cours de quatre années vouées à la défense du pays.
La deuxième rencontre se passa dans un cadre tout différent.
En novembre 1955, Jean Bernard, candidat à une chaire professorale, devait rendre visite aux membres éminents du Comité consultatif des Universités. Il est reçu, à Marseille, par le professeur de Vernejoul avec une bonté, une chaleur, qui l'émeuvent profondément. Il visite sans tarder son service. Robert de Vernejoul s'était d'abord consacré à la chirurgie générale où il avait acquis une grande maîtrise, particulièrement dans le domaine de la chirurgie digestive. Puis, prenant tous les risques liés à une orientation nouvelle, il s'était consacré à la chirurgie du coeur dont il devint un pionnier.
La troisième rencontre marquante entre les deux hommes eut lieu en mars 1966. Robert de Vernejoul, président du Conseil national de l'ordre des médecins, organise et préside le deuxième congrès de morale médicale. La cérémonie inaugurale a lieu à Versailles en présence du général de Gaulle. Ouvrant la séance, Robert de Vernejoul souligne l'importance et la gravité des problèmes nouveaux posés par les progrès de la biologie et de la médecine.
“Les progrès de la médecine ouvrent de nos jours un étonnant pouvoir d'intervention. La science fait de nous des Dieux avant même que nous méritions d'être des hommes, a dit Jean Rostand. Il est temps d'examiner les conséquences de ces nouvelles responsabilités et de décider si les principes clairs qui définissaient jusqu'à nos jours l'étique médicale suffisent encore pour guider notre action.”
Par ces fortes paroles, Robert de Vernejoul imposait l'urgence de cette éthique médicale, que les progrès de la biologie mettent aujourd'hui au premier plan de nos préoccupations.
Robert de Vernejoul avait réalisé à son niveau personnel cette harmonie qui manque encore à notre temps : l'union de la science et de la sagesse. Au cours de sa longue vie, déroulée sur plus d'un siècle, il se consacra à la défense des valeurs morales et à la recherche la plus innovante, démontrant que Science peut rimer avec Conscience. Cet exemple a profondément marqué le professeur Jean Bernard, et continue de l'inspirer chaque jour.
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